Dra Marina Yepez Navedo
Le 8 mars et les voix qui inspirent au LFM
19-Mar-2026
Une semaine de réflexion autour de la Journée internationale des droits des femmes
Le Comité du 8 mars, composé d’élèves du lycée du LFM, a impulsé une série d’initiatives visant à sensibiliser et à promouvoir une communauté plus consciente et inclusive au sein de l’établissement.
À travers différentes dynamiques de participation et d’autogestion, les élèves ont organisé plusieurs projets afin d’ouvrir des espaces de dialogue et d’expression destinés à l’ensemble de la communauté du lycée. Tout au long de la semaine, l’objectif n’était pas seulement de commémorer le 8 mars, mais aussi d’aborder des thèmes tels que l’égalité entre les femmes et les hommes, le respect, le consentement et le rôle que chacun peut jouer dans la construction d’une communauté plus équitable.
Comment les élèves du lycée se sont-ils mobilisés pendant la semaine du 8 mars ?
Durant la semaine du 2 au 6 mars, le Comité 8M s’est réuni chaque jour dans la cour du lycée afin de prendre la parole, réciter des poèmes, clarifier certains concepts liés au genre, réaliser des pancartes et proposer des performances, exerçant ainsi pleinement leur droit d’expression en tant que représentants de leur génération.
Qu’est-ce que le féminisme ?
La semaine du 8 mars a débuté par un discours sur la signification du féminisme. Les élèves ont rappelé qu’être féministe implique d’avoir le courage de s’élever contre l’injustice :
« C’est une lutte contre les inégalités… elle ne cherche pas des privilèges, mais la justice… l’idée que femmes et hommes méritent les mêmes opportunités, le même respect et la même dignité. »
Semer la connaissance
Les élèves ont ensuite été invités à participer à une activité symbolique : “l’arbre des luttes”. Chacun a inscrit sur une feuille la cause qu’il ou elle souhaite défendre. Ensemble, ils ont ainsi donné vie à un arbre collectif représentant les aspirations de toute la communauté.
L’égalité est-elle possible ?
Les élèves du Comité 8M ont également souhaité donner la parole aux garçons afin de rappeler que la recherche de l’égalité ne peut être une cause isolée. Dans leurs interventions, ils ont invité la communauté à réfléchir à l’importance de construire le changement ensemble et pour tous, soulignant que l’égalité exige l’engagement de toute la communauté.
Dans cet espace d’échange, un exercice participatif a également permis de mettre en évidence que beaucoup de personnes ont déjà été confrontées, à un moment ou à un autre, à des situations d’inégalité ou de violence.
Qu’entend-on par objectification des femmes ?
Un autre discours a abordé la question de la sexualisation et de l’objectification des femmes, invitant les élèves à élargir leur regard et à reconnaître que les femmes sont bien plus qu’un corps : ce sont des personnes avec des droits, des projets et une voix au sein de la société.
Cette activité s’est conclue par une minute de silence en mémoire des personnes affectées par les violences de genre, accompagnée de données permettant de mieux comprendre l’ampleur de cette réalité au Mexique. Par exemple, selon les données de l’Instituto Nacional de Estadística y Geografía (INEGI, 2021), environ 70 % des femmes au Mexique ont subi une forme de violence au cours de leur vie, qu'il s'agisse de violence psychologique, sexuelle, physique ou économique.
La semaine s’est également conclue par un moment particulièrement émouvant : des élèves de Terminale ont récité des poèmes de sa création intitulés « Lo hermoso que es ser una mujer », « Tierra bajo mesa » et « Muchacha Azulada » suivi d’ateliers organisés par les élèves afin de préparer les contingents participant à la marche du 8 mars.
Quelles réflexions ont émergé lors des événements du 8 mars ?
La semaine a également été marquée par plusieurs conférences animées par des intervenantes extérieures, destinées aux élèves du collège et du lycée.
Aborder le genre à travers l’anthropologie
Les anthropologues Lucille Florenza et Michelle Salord ont présenté la conférence « Narrer et juger la violence sexuelle : enquête collective sur l’affaire Pelicot ». Elles y ont expliqué comment un cas de violence intrafamiliale peut rapidement acquérir une dimension sociale et publique.
Les intervenantes ont également évoqué la complexité des processus judiciaires et médiatiques, ainsi que les débats contemporains autour du consentement, rappelant que le silence ne peut jamais être interprété comme un consentement. Elles ont aussi abordé des problématiques actuelles telles que la soumission chimique et l’importance de comprendre que le viol n’est pas un acte sexuel, mais un crime.
Existe-t-il une égalité dans le monde judiciaire ?
De son côté, Fabiana Estrada, magistrate fédérale, a animé la conférence « Être libre d’être soi : déconstruire les stéréotypes pour construire l’égalité ». Elle y a abordé l’impact des stéréotypes de genre sur les opportunités sociales et professionnelles.
La conférence a également introduit la notion de « plafond de verre », qui désigne les barrières invisibles fondées sur des préjugés limitant l’accès des femmes et des minorités aux postes de direction. Elle a notamment rappelé qu’au Mexique 80 % des juges sont des hommes. Son message invitait les élèves à questionner les attentes sociales et à oser agir selon leurs convictions afin de transformer les structures qui perpétuent les inégalités.
Jusqu’où peut-on briser le « plafond de verre » ?
Une autre conférence a été donnée par María López Chávez, directrice de la stratégie mondiale du groupe Bimbo. À partir de son expérience dans le monde de l’entreprise, elle a invité les élèves à réfléchir aux paradigmes qui influencent encore notre vision du leadership et des opportunités professionnelles. Elle a souligné que progresser vers une plus grande égalité nécessite de remettre en question des stéréotypes profondément ancrés et de transformer collectivement les structures qui limitent encore les trajectoires professionnelles de nombreuses femmes.
Peut-on changer le monde avec une chanson ?
La semaine s’est conclue par un moment particulièrement marquant avec la visite de Vivir Quintana, chanteuse et compositrice mexicaine. Elle a d’abord offert une conférence aux élèves de Terminale, avant de proposer un concert surprise dans la cour du lycée, réunissant toute la communauté étudiante pour clôturer la semaine.
Au cours de son intervention, elle a évoqué la manière dont l’art peut transformer la douleur en action collective. Elle a invité les jeunes à reconnaître que chacun peut contribuer depuis sa propre voix, son histoire et ses talents en rappelant que c'est précisément la réunion de ces différences qui permet de construire des communautés plus justes et plus solidaires.
Comme elle l’a exprimé lors de sa visite : « Usar los talentos que te da la vida para ponerlos al servicio de una causa. »
Son message a également souligné l’importance de construire le changement à partir de valeurs fondées sur l’amour plutôt que sur la haine, encourageant les élèves à mettre leurs talents au service d’une société plus juste.
Regarder vers l’avenir
Les initiatives portées par le Comité 8M rappellent que le changement commence aussi dans les espaces que nous partageons au quotidien. Par leur engagement et leur créativité, ces élèves ont ouvert des espaces de dialogue qui continueront sans doute à inspirer les générations futures du lycée à prendre la parole, à questionner et à construire une communauté toujours plus consciente, égalitaire et respectueuse.